Le projet ANR CO-SCIENCES

entete ANR Cosciences

© IUEM / France Haliotis                                                                                                                                                          © Sabella / Ballao-Donfut

COllaborations SCIences-ENtreprises pour la production de questions sCientifiques dans le domaine Environnemental:

 analyse des innovationS scientifiques, sociales et structurelles 

 

Enjeux socio-économiques du projet

Les rapports entre recherche, innovation, marchés, entreprises, État et espace public, c'est-à dire, en d'autres termes, les rapports entre sciences et société ont connu de profondes mutations (Bonneuil 2004). Le lien direct entre progrès de la connaissance, progrès matériels et progrès humains et sociaux, héritage de Condorcet et du siècle des Lumières, est aujourd'hui largement remis en cause dans une société du risque (Beck 2001) traversée par des crises systémiques (Environnementale, énergétique, alimentaire, économique, sociale..).

De nombreux sociologues et philosophes des sciences appellent à ce titre, à l'émergence d'un tiers secteur scientifique (Latour, 2004), qui serait co-producteur de connaissances et d'innovations. Cette approche implique l'invention de nouveaux dispositifs sociaux— qui permettraient à la science de se confronter à d'autres modes de pensée, d'autres façons de poser les problèmes, d'explorer les solutions, et alimenteraient la  création de nouveaux savoirs. Ces nouveaux espaces de débats entre sciences et société seraient sources d'innovation sociale, scientifique autant que politique (Bensaude-Vincent, 2003 ; Stengers 2002). Mais leur émergence comme processus délibératifs potentiellement porteurs d’innovation soulève plusieurs questions. La première porte sur les modalités de l’entrée en relation et de la construction d’une interaction entre des parties prenantes (scientifiques, entrepreneurs, structures d’accompagnement de l’innovation) dont les représentations, les intérêts et les logiques d’action sont très hétérogènes. Parallèlement, la construction des processus délibératifs liés à l’innovation implique que l’on s’interroge sur les espaces organisationnels et institutionnels où de tels échanges pourraient se développer ; ainsi que les formes argumentatives et discursives dans lesquels ils s’expriment. La co-construction de connaissances paraît en effet indissociable de démarches d’argumentation et de mise en récit.

Ces nouveaux processus délibératifs représentent en termes de mise en œuvre et d'évaluation, des objets d’expérimentation et d'analyse particulièrement intéressants du point de vue des sciences humaines et sociales, mais interrogent en réalité, l’ensemble des disciplines et plus largement la société, si l’on parvient à dépasser une posture qui fait de la société — en opposition aux scientifiques — uniquement un objet d’étude.

Car si des chercheurs et des entreprises se rencontrent quotidiennement dans le cadre d’un échange bilatéral, ou peuvent être conviés à échanger lors de débats, se pose la question des productions de ces rencontres ? Quels sont les questionnements scientifiques discutés ? Comment évaluer les innovations produites, qu’elles soient bien sûr scientifiques mais aussi structurelles et  sociales ? Ces interrogations imposent à la fois d’identifier ou de concevoir les dispositifs de débats sciences-entreprises, mais également d’analyser les mises en relation.

Mené depuis 2012 par un partenariat interdisciplinaire et intersectoriel, le projet CO-SCIENCES financé par l’ANR poursuit à cet égard un double objectif : d’une part, concevoir et expérimenter un espace délibératif composé de scientifiques issus de plusieurs disciplines (sciences de la nature et sciences humaines et sociales) et de chefs d’entreprises ou de leurs représentants ; d’autre part, analyser les questionnements scientifiques produits lors de ces débats ouverts, dans le cadre de couples entreprise-laboratoire et au sein de réseaux thématiques constitués afin d’enrichir les comparaisons. L’objet d’étude du projet CO-SCIENCES est centré sur les questions environnementales car elles traversent l’ensemble de la société, sont complexes et nourrissent les débats (top-down ou bottom-up).

  

Le projet CO-SCIENCES

4 axes de recherche

- L’organisation (tache 1) et l’analyse (tache 2) de débats ad hoc entre chercheurs et représentants d’entreprises issus des domaines de l’aquaculture et des Energies Marines Renouvelables. Dans ce cadre a été développée une méthodologie d'accompagnement au débat dénommée P.A.I.R. ( Problèmes - Acteurs - Interactions - Réseau )

- L’étude sociologique de réseaux thématiques structurés regroupant des chercheurs et des entreprises dans le domaine de l’ingénierie écologique (tache 3)

- L’analyse focalisée des relations entre une entreprise aquacole innovante et un/plusieurs laboratoires. (tache 3)

- A partir des trois précédentes tâches, l’analyse de l’innovation sociale, structurelle et culturelle. (tache 4)

  

Un partenariat interdisciplinaire et intersectoriel 

 6 laboratoires membres de l’Université Européenne de Bretagne :

- Institut de Géo-Architecture (EA 2219)

- Laboratoire d’étude de l’Environnement MARin (LEMAR - UMR 6539)

- Centre de Recherche Bretonne et Celtique (EA 4451)

- Centre Recherche en Psychologie, Cognition et Communication (EA 1285)

- Centre François Viète (EA 1161)

- Plurilinguismes, Représentations, Expressions Francophones – Information, Communication, sociolinguistique (PREFICs - EA 3207)

3 structures d’accompagnement économique et industriel :

- Technopole Brest Iroise

- Pôle Mer Bretagne-Atlantique

- Club Finistérien du Développement Durable

 

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